Devant toutes les attentes, les espoirs mis en moi
Mes yeux clos d’inquiétude, je ne me reconnaissais pas
J’avais peur de l’échec et peur de la réussite
Alors je me faufilais et je préférais la fuite
Fuir dans un autre monde, façonné à mes désirs
Ou fabriqué de fumée, mais en tous cas fuir
Le jour j’ai joué le rôle qu’ils semblaient requérir
La nuit je rêvais de fiers royaumes à conquérir
Pauvre petit seigneur de la guerre, quand venait le combat
De crainte de blesser l’ennemi retournait sur ses pas
Les chaussures toujours trop longues, les habits trop grands
Dépenaillé d’estime, dépouillé d’un miroir complaisant
Embarqué sur un navire dont je ne connaissais rien
J’échouais sur ces rêves qui n’étaient pas les miens
Accroché au bastingage, les vagues giflant mon visage
Je me présumais imposteur, ou pire, mauvais présage
Puis sur le tard, je touchais finalement terre
Dans un pays aux yeux bleus et aux brunes frontières
Mes doutes au bord de la route, je les ai abandonnés
Léger, libre de voyager, je n’ai pas hésité.
Je suis devenu celui qui n’était qu’un songe
Celui qui marche droit, qu’aucune peur ne ronge
Car pour s’aimer soi-même, il existe une foi
Savoir ce que l’on aime et se battre pour ça
Tu es tout ce que j’aime et je me bats pour toi