Ce serait donc lui
L’Homme qui m’est destiné ?
Rien ne me le présageait
Il était pourtant ici
Sans que je le vois
Tellement près…
On s’évitait, je crois
Peut-être la lâcheté…
Heureusement, on s’est achoppé
Et l’histoire peut commencer
Ce serait donc lui
L’Homme qui m’est destiné ?
Rien ne me le présageait
Il était pourtant ici
Sans que je le vois
Tellement près…
On s’évitait, je crois
Peut-être la lâcheté…
Heureusement, on s’est achoppé
Et l’histoire peut commencer
Cela arriva un jour d’été,
Son front perlé de sueur,
Il respirait à grand peine,
Se mouvait avec lenteur.
Et là, à l’ombre d’un hêtre,
Il fut touché par la douceur,
D’un petit Vent glacé,
Une brise qui lui ravit le cœur,
Il le caressa émerveillé,
Lui dit : « Mon amour, ma sœur,
Je prendrai soin de toi,
Je te donne ma demeure,
Ma vie, mon souffle, mon âme,
Tu me donneras ta fraîcheur »
Le petit Vent le suivit,
Le comblant de bonheur.
Il para le petit Vent,
De poussière de diamant,
De baume et d’encens,
D’un bleu éclatant,
Des couronnes d’antan
Lui offrit les océans,
Les lions, les éléphants,
Les matins de printemps
La lune et le firmament.
Les petits Vents ne sont pas méchants,
Mais ils sont bien inconstants,
Ils coulent entre les doigts,
On ne les possède pas,
Alors le petit Vent retint son souffle
Et de toutes ses forces expira,
Lui glaçant le cœur.
Il Le pétrifia,
Le démembra,
L’écorcha
Le dépeça,
Et s’en alla.
Son petit cœur de Vent était lourd,
Son petit cœur de Vent resta sourd.
Depuis on l’a vu passer,
Par quelques nuits d’été,
Chanter entre les os blanchis
De Celui qui l’a tant aimé.
C’est bien triste un petit Vent qui pleure,
Mais on ne peut le posséder…
Regarde-moi dans les yeux
Dis-moi le fond de tes pensées
Dis-moi ce qui te fait rêver
Es-tu au moins heureux ?
Donne-moi ta main
Parle-moi de tes désirs
Parle-moi de l’avenir
Es-tu au moins serein ?
Serre-moi fort, longtemps
Murmure-moi des mots d’amour
Murmure-moi qu’on s’aimera toujours
Es-tu au moins confiant ?
J’ose ébahi le long été
Jusqu’où ? Elle le laissera entendre
Jours ornés, elle libère les étoiles
J’ondule et langoureusement l’envie
Jamais on essaiera la lâcheté éphémère
J’offre exalté, léger, l’éternité
Quand, ce Jeudi-là,
Nous nous sommes enfuis,
Nous ne le savions pas,
Mais nous sauvions nos vies.
Nous avons émergé
De plusieurs années de léthargie.
Nous avons savouré
L’odeur nouvelle de la liberté.
Nous avons mis de côté
L’autre réalité,
Celle qui nous empêchait
De nous aimer.
Le long du chemin,
Tu m’as regardé,
Tu m’as tenu la main,
Je t’ai senti préoccupé…
J’’ai refusé d’envisager
Le lieu où nous allions.
Je me suis laissée emporter,
J’ai fait taire ma raison
Cette après-midi-là,
Qu’importait l’endroit,
Puisque je ne voyais que toi,
puisque tu ne voyais que moi.
T’as mis du temps à m’aimer Tu méditais, tu m’évitais T’as mis du temps à m’aimer Tu m’évitais, tu méditais T’as mis du temps et des tourments Semé de miettes de sentiments La marche arrière, les freins avant Des silences assourdissants T’as mis du temps à m’aimer Tu méditais, tu m’évitais T’as mis du temps à m’aimer Tu m’évitais, tu méditais T’as mis du temps, un jour pourtant T’as mis l’beau temps, t’as mis l’printemps Dans mon pauvre cœur grelottant Au souffle de mon quarantième rugissant T’as mis du temps à m’aimer Tu méditais, tu m’évitais T’as mis du temps à m’aimer Tu m’évitais, tu méditais Tu t’es levée, t’as mis le jour T’as enflammé mon ciel, mon amour Je vis au soleil, bronzé toujours Et je me brûle à tes lèvres de velours T’as mis du temps à m’aimer Tu méditais, tu m’évitais T’as mis du temps à m’aimer Tu m’évitais, tu méditais Et si t’as peur, de la douleur, Ma tour d’ivoire, mon tour d’honneur Je t’emmènerai loin du malheur Bercée au rythme de mon cœur T’as mis du temps à m’aimer Tu méditais, tu m’évitais T’as mis du temps à m’aimer Tu m’évitais, tu méditais Tu méritais ce temps passé
J’te comprend pas
Tu m’fais des promesses
Que tu tiens pas
Tu m’dis que rien ne presse
Et on fait rien
J’te comprend pas
J’te dis « viens »
Tu m’réponds « on y va »
Et on est toujours là
Au même endroit
J’te comprend pas
On attend… on attend quoi ?
J’étais la première que tu aies vraiment aimée,
Celle que tu attendais sans plus y croire,
J’étais ton instant et ton éternité.
Ensemble, nous allions réaliser nos rêves.
Les yeux mi-clos, je t’écoutais,
Un sourire au coin des lèvres.
J’aimais imaginer les pays à visiter,
Les escales jalonnant notre voyage,
Les odeurs de Santal et de Bougainvilliers,
Les rencontres et les paysages,
Le son des sitars et des yukulélé.
Souvent, plongée dans mes pensées,
Je sentais, contre moi, ton corps,
Ta bouche, ta langue, tes baisers,
Tes bras me serrant très fort
Je me laissais emporter, oubliant tout :
Les canaux gelés de
Les chemins menant à Katmandou,
Les rues colorées d’Ankara…
J’oubliais la grisaille qui nous entourait,
Le bruit, la fureur de la cité
Dans notre bulle, je me sentais protégée.
Rien ne pouvait me toucher.
J’ai mis longtemps à réaliser, mon cœur :
Ce n’est pas en m’enfuyant au petit matin,
Que je trouverais la sérénité et le bonheur,
Mais ici, avec toi, si tu acceptes de me tendre la main,
Bientôt, tu me l’as promis, je ne connaîtrais plus la peur,
Maintenant que tu es mon instant et mon éternité.