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Vendredi 19 mai 2006
Machiavel se souvenait de ce jour où il avait pris sa main doucement. De délicates petites larmes se balançaient sur les longs cils de Borgia, comme des gouttes de rosée sur des pétales tendres. Il était censé partir à l’autre bout du monde, sur un caillou parfumé de vanille.

 

Machiavel crut entendre le son creux, abyssal, d’une clé dans la serrure d’une geôle perdue. Un donjon oublié dont il ne sortirait pas…Battu par le vent, déposé sur une falaise qu’un océan sombre et démonté fracassait sans jamais faiblir…

 

Qu’avait-il donc fait pour mériter ce châtiment? Il essayait de se souvenir, prostré dans un coin de sa cellule crasseuse, frottant ses bras pour écraser la vermine qu’il sentait le parcourir…

 

Il était seul. Lui qui avait si faim, il sentait ses entrailles dévorées par un bec invisible et vorace, qui allait jusqu’à racler ses os, rongé encore et encore, comme Prométhée. Mais il n’avait pas volé le feu du ciel pour le donner aux hommes…

 

Machiavel n’était pas un homme mauvais. Certes, il avait parfois pris des chemins peu recommandables, il s’était perdu dans les sombres repaires de la cité, avait goûté quelques fruits véreux. Les quelques larcins, rapines et tromperies qu’il avait commis ne lui valaient pas le gibet. Il croyait que le remède à son mal-être était la quête de quelques éclats de vie , comme on éclaire son chemin dans le noir en faisant jaillir des étincelles de son briquet. Mais bien qu’il avança à petits pas, il restait dans les ténèbres…

 

Alors il décida de ne plus sortir. Le monde était plongé dans le noir de toute façon. Il se cloîtra chez lui. Il n’y voyait pas plus qu’au dehors, mais au moins bénéficiait-il d’une apparente sécurité. Son espace était clos, et il connaissait chaque aspérité des murs de béton qui l’entouraient. Il les explorait sans fin, du bout des doigts, se persuadant que cette investigation journalière et minutieuse lui ferait oublier ce manque qu’il ne pouvait définir. Mais, las, dans son âme grandissait jour après jour l’envie de savoir, de connaître, d’admirer, d'aimer…De quelle couleur étaient ces murs qu’il était supposé connaître si parfaitement ? Un jour, il découvrit une allumette sur le seuil de sa porte. Sans doute le hasard, ou peut-être le destin. Machiavel la caressa pendant de nombreuses heures, une terreur sourde mêlée d'excitation lui déchirait l'esprit…Mais il finit par la craquer et il vit. Les murs, ces murs dont il rêvait, sur lesquels il avait imaginé de vastes fresques, des scènes de magie et d’aventures, ces murs étaient tout aussi noirs que le monde qu'il avait fui!
 
Cette geôle, c'était celle qu'il s'était construite année après année, dans laquelle il s'était emprisonné lui-même, au coeur des ténèbres de ses yeux clos, pour se punir de n'avoir pas su être heureux...
 
Mais il serrait sa main gracieuse et douce, il respirait son souffle chaud...Il sècherait ses larmes, la nicherait dans ses bras. Il n'irait pas sur le caillou au parfum de vanille.
 
Car elle était son feu du ciel: ses yeux étaient ouverts enfin, il regarda Borgia, ébloui et subjugué...
Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREELS
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Lundi 15 mai 2006

радостная годовщина

я тебя люблю

 

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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Dimanche 14 mai 2006

La mer était houleuse, le ciel gris, le vent battait le pont par rafales. Borgia et Machiavel, accoudés au bastingage, observaient la masse brune et blanche qui se rapprochait d’eux.

 

Deux mois plus tôt, en rejoignant Paris, en moto, ils s’étaient arrêtés dans un petit hôtel. Assis en tailleur sur le lit, Machiavel feuilletait le journal qu’il venait d’acheter au bar-tabac voisin. Il fallait qu’ils se trouvent un job.

-          Alors, quelque chose d’intéressant ? lui demanda Borgia, assise, face à lui, la main sur le genou de Machiavel, remontant lentement vers le haut de la cuisse.

-          Rien de terrible…attend…Cherche couple pour garder phare en pleine mer - juillet/août… Ca t’intéresserait ?

-          Qui dirait non à 2 mois en tête à tête avec toi ?

Machiavel releva les yeux vers elle, un léger tressautement à la paupière inférieure droite. Il se pencha vers elle, la faisant basculer vers l’arrière…

 

Ils se retrouvaient maintenant à quelques centaines de mètres de Ar-Men. Ils avaient préparé leur paquetage avec grand soin, surtout ne pas oublier l'essentiel : des livres et les guitares de Machiavel.

L’accostage fut périlleux. La mer était démontée, les vagues battaient les flancs du phare. La marée était haute et le rocher sur lequel était construit le phare n’était pas visible. Il fut question, à un moment de faire marche arrière, de retourner sur l’île de Sein et de retenter leur chance par temps plus clément. Mais le capitaine profita d’une accalmie pour les faire débarquer, ainsi que leurs bagages et des provisions pour un mois. Il était prévu qu’un ravitaillement se ferait chaque semaine, mais dans les faits, c’était rarement possible : la mer était trop souvent agitée.

Ils croisèrent le gardien dont ils prenaient la relève, il eut à peine le temps de les saluer et de leur dire que toutes les informations, dont ils auraient besoin, étaient consignées dans un carnet de bord posé sur la table. Le capitaine lui cria de se dépêcher. Ils regardèrent le bateau s’éloigner.

Main dans la main, ils franchirent le palier et se retrouvèrent dans la pièce principale, circulaire.

-          Et maintenant, le tour du propriétaire…proposa Borgia.

-          Je ne dis pas non, lui répondit Machiavel, un grand sourire aux lèvres, en s’approchant d’elle.

-          Non ! pas celui-là, éclata de rire Borgia en se reculant.

-          Tu es sûre ?

Les lèvres de Machiavel frôlait les siennes, ses mains enserraient sa taille, Borgia se laissa emporter. Après tout, ils auraient tout le temps nécessaire pour visiter le phare. Le sol en tomettes était froid contre son dos, le souffle de Machiavel saccadé dans son cou, sa tête légère…

 

Le rez-de-chaussée était composé du salon, de la cuisine et de la salle de bain. L’ameublement était des plus rudimentaires, quoique suffisant : un canapé, une table, quelques appareils électriques…un générateur avait été installé une dizaine d’années auparavant. La salle de bain offrait un confort minimum : un lavabo et c’est tout.

 

Un escalier en colimaçon menait, dans un premier temps, à la chambre. Une pièce de taille plus modeste composée d’un lit et d’une armoire. L’escalier se poursuivait ensuite vers le feu.

 

Borgia et machiavel prirent rapidement leurs marques et instituèrent certains rituels.

 

Borgia se réveillait tôt, comme à son habitude, et lorsqu’elle faisait mine de se lever, Machiavel se retournait et allongeait son bras en travers de son ventre, l’empêchant de bouger. Lentement, sa main se glissait sous son sweat, caressait sa peau chaude…De longues minutes plus tard, Borgia se rendormait un sourire paisible aux lèvres.

 

Après le petit déjeuner, très tardif, Machiavel prenait sa guitare, faisait des gammes et composait des mélodies. Borgia, installée sur le canapé non loin de lui, lisait, écrivait ou rêvassait en l’écoutant. Régulièrement, elle levait les yeux vers lui, avec l’envie d’aller s’asseoir sur ses genoux. Mais la place étant occupée par la guitare, elle se glissait derrière lui, passait ses bras autour de son cou, posait de doux baisers sur sa nuque, fermait les yeux et savourait le bonheur de cet instant.

  

Lorsque le temps était agréable, ils sortaient s’aérer, s’allongeaient sur le ponton. Machiavel se rapprochaient, Borgia râlait « et mon bronzage ? », mais ce n’était jamais elle qui avait le dernier mot. En avait-elle envie d’ailleurs ?

Chaque jour, Machiavel consacrait une heure à l’entretien du phare et du générateur, pendant que Borgia nettoyait et rangeait les pièces à vivre.

Le bateau ne vint qu’un mois plus tard leur amener le ravitaillement, ainsi que des journaux. Borgia et Machiavel n’avaient pas vu le temps passer. Machiavel se plongea dans la lecture des journaux et repris contact ainsi  avec le reste du monde.

 
Par Borgia - Publié dans : Les itinéREVES
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Samedi 13 mai 2006
« A ce rythme-là, on va engraisser, il est temps qu’on parte » dit Borgia, son regard d’azur sévère et tendre, fixé sur l’embonpoint naissant de son compagnon. « Tu crois ? » répondit Machiavel, comme abasourdi. Ses grands yeux myopes exprimaient le désespoir. Il allait engloutir sa cinquième tranche de porchetta amoureusement bordée dans une délicieuse focaccia tiède. Elle la lui ôta doucement des mains, déposa un onctueux baiser dans son cou en riant et l’entraîna vers leur hôte, dont ils prirent congé en promettant de revenir bientôt…
Les lecticae les emmenèrent en périphérie par la Voie Appienne. Les oliviers  se contorsionnaient , comme pour offrir leur tronc en entier au soleil brûlant. Ils découvrirent enfin un champ plongé dans l’ombre d’un improbable nuage d’argent…Le Graf Zeppelin! 250 mètres de long, une colline dont on aurait subtilisé le pied. Après les manœuvres d’embarquement, ils rejoignirent leur cabine sur le pont supérieur, alors que l’aéronef s’élevait majestueusement, et se débarrassèrent de leurs vêtements romains, ce qui troubla beaucoup Machiavel, au point qu’ils arrivèrent en retard, rouges de confusion, au dîner. Alors que Borgia écoutait distraitement les souvenirs de beuverie d’Errol Flynn, Machiavel saisit un journal qui traînait sur le bar, se proposant d’en faire un instrument de proctologie à l’usage du disert acteur américain, lorsque son attention fut attirée par la date…18 mai 1972...Son visage blêmit, son souffle se fit court, il semblait prêt à exploser d’indignation alors que les veinules autour de ses iris viraient au pourpre… "Nom d'un zakouski!" s'écria-t-il, car Machiavel, en bon athé, s'était constitué son propre panthéon à des fins strictement blasphématoires. "Borgia, demain dès qu’on atterrit, on loue une voiture, d'accord? Il faut qu’on rentre". Elle le contempla inquiète, le prit par la main et serra contre elle son amant devenu silencieux.
 Il taciturna ainsi (il n’était pas d’humeur à périphraser) jusqu’à l’arrivée à Munich. Là, ils louèrent une voiture, une Coccinelle orange flambant neuve, flanquèrent leurs bagages sous le capot et démarrèrent en trombe. Borgia lui proposa une petit détour par la Ludwigstrasse, afin qu'ils puissent déguster une weisswurst bien grillée, et- pourquoi pas?- une petite escapade dans un braükeller pour savourer une bonne bière blanche. En temps ordinaire, nul doute que Machiavel aurait été ravi d'une telle proposition, mais le temps n'était plus...ce qu'il était..."En plus, si c'est pour tomber sur le gros Göring en pleine retape pangermanique, non merci..." Borgia se souvenait de leur dernier séjour à Munich quand, excédé par le discours d'un petit orateur moustachu à la mèche folle, qui par ailleurs la draguait ouvertement, Machiavel s'était levé avec la ferme intention de lui faire avaler une chaise. Le pugilat qui s'en suivit fut relaté par le petit homme dans un livre intitulé "Mon Combat" qui devint malheureusement un best seller, fort remanié par la maison d'édition il est vrai. On y trouve par exemple aucune référence au violent coup de pied irréversiblement exgonatoire qu'asséna au petit homme Borgia, venue aider son compagnon.
Alors que la bruyante automobile s'enfoncait en Forêt Noire comme un couteau dans une forêt noire, Borgia tenta de le dérider en essayant de lui expliquer pour la 159 ème fois la théorie du surhomme de Nietzsche, mais Machiavel, ne jurait que par Schopenhauer, dont "l'Art d'avoir toujours raison" constituait le livre de chevet. Borgia considérait comme un des plus grands mystères contemporains le fait que son homme ait pu lire tant de fois cet ouvrage tout en ayant si souvent tort. Mais après tout, sa belle-mère avait lu "L'Essai sur le rire" de Bergson, cela ne voulait donc rien dire... Le voyage se déroula sans incident, si ce n'est une terrible crampe au fessier droit de Machiavel lorsque, mettant à profit une pause, ils essayèrent les sièges arrières de la Coccinelle, voiture peu propice à des ébats confortables.
Alors qu'ils arrivaient près de chez eux, Machiavel dit " On fait un détour bébé, tu veux bien?". Il paraissait nerveux et consultait sans arrêt la montre Kelton qu'il n'avait jamais changé, bien qu'il ait changé de vie bien des fois...
 
Ils arrivèrent dans une petite ville agglutinée autour d'une vieille usine sidérurgique, longèrent les lignes de wagonnets qui transportaient à 10 mètres du sol la minette de Lorraine vers les hauts fourneaux et s'arrêtèrent devant une petite école. La sonnerie retentit et Machiavel se posta au beau milieu de la marée de marmots déchainés qui se ruaient au dehors, tournant la tête de tous cotés. Enfin, son regard se fixa et son visage se fendit d'un sourire sardonique ("ne m'appelez plus jamais France" chantonnait Borgia). Il se précipita sur un garçon goguenard d'une dizaine d'années qui brandissait devant ses copains un sandwich au fuseau lorrain. Machiavel le lui arracha des mains, fit faire un demi-tour au vaurien et lui décocha un coup de pied aux fesses que n'aurait pas renié le légendaire Rainer Bonhof, qui l'envoya s'écraser dans les troênes. Puis, tenant le sandwich comme un témoin, tel Valéry Borzov dans le 4X100 de la glorieuse URSS, Machiavel se dirigea vers un garçonnet d'une demi-douzaine d'années qui pleurait doucement, assis sur un muret. Il écarquilla ses grands yeux de myope quand Machiavel lui tendit le sandwich que l'autre voyou lui avait chipé quelques minutes plus tôt. "Tiens gamin, régale-toi..." Il lui tapota les cheveux quelques instants, un sourire attendri sur les lèvres, prit Borgia par la taille et l'entraina vers la voiture. "Tu m'expliques mon coeur? Qui c'est ce môme?". Machiavel répondit simplement "C'est moi". Borgia nota mentalement que dorénavant elle réfléchirait à deux fois avant d'ôter un sandwich des mains de son amant...
Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREVES
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Vendredi 12 mai 2006

She says to me "Take me as I am"

Otherwise you will suffer, if so, scram !

It's not possible, I am her man

I won't leave - I love her so

I love what she is, she's my woman

I'll never go

I will always stay with her, I won't scram

She's mine - I am her man

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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Dimanche 7 mai 2006

Assise à table, je lisais en grimaçant le Sunday Herald - je ne me ferai décidément jamais au petit déjeuner anglais : oeufs brouillés avec du bacon frit et des saucisses à 8 heures du matin, très peu pour moi. La Une du journal attira immédiatement mon attention : un article sur l'assassinat de Jules César. Il était temps de quitter le crachin écossais et de rejoindre l'an 44 avant J-C.

Après plus de 3 heures de vol, nous atterrîmes à l'aéroport Leonardo da Vinci situé sur une petite commune près de Rome, Fiumicino. Les formalités douanières accomplies, nous nous rendîmes à la Guardaroba et enfilèrent les vêtements d'époque que l'on nous tendait : une subucula et une tunica pour chacun d'entre nous, une toge pour Machiavel et une stola pour moi. Nous montèrent dans l'autocar et après plus d'une heure de route, nous débouchâmes sur Rome par la Via Aurélia.

La foule était en ébullition. Les cohortes prétoriennes tentaient de maintenir l'ordre et de calmer la populace. Il fallait à tout prix éviter des émeutes populaires.

 Nous décidâmes de nous rendre immédiatement chez Gordien, le plus fin limier de Rome. Il résidait dans le Subure. Ce n'était pas bien loin à pied. Nous passâmes à proximité du Capitole, où la foule se faisait de plus en plus dense, du forum et du Mont Palatin. Nous gravîmes en ahanant le Subure pour finalement arriver chez Gordien.

Un de ses esclaves nous ouvrit et nous inform a que Gordien était actuellement en train de se reposer. Il nous accompagna à l'Atrium, nous installa sous les lauriers roses et nous apporta de quoi nous raffraîchir : un vin léger et pétillant des bords du Tibre. En ces ides de mars, le soleil tapait déjà fort sur Rome. Gordien ne tarda pas à nous rejoindre. Il nous accueillit avec transport et s'informa de notre santé. Il demanda de nos nouvelles et nous rappela notre dernière rencontre à Massalia, lors du siège qui avait eu lieu 5 ans auparavant.

Après les politesses d'usage, nous en vînment au sujet qui nous avait amené à Rome : l'assassinat de Jules César. Gordien fit la moue et nous informa qu'il n'y aurait pas d'enquête : l'assassinat avait été commis en public et chacun a Rome connaissait le nom des meurtriers.

- Des meurtriers ? s'écria Machiavel. Ils étaient donc plusieurs ?

- Je vais reprendre le cours des derniers événements et vous comprendrez ce qui s'est réellement passé. Il y a 1 mois, jour pour jour, à l'occasion des Lupercales - la fête en l'honneur de la louve nourricière des deux fondateurs de la ville, Rémus et Romulus -

Marc Antoine a posé sur la tête de César le diadème des rois grecs. Mais la foule a protesté et le dictateur a ôté lui-même la couronne et l'a envoyé au Temple de Jupiter. Il projetait cependant d'accepter le titre de roi pour la partie orientale de l'empire romain à l'occasion de la réunion solennelle du Sénat qui a eu lieu avant-hier - le jour des ides de mars - au portique de Pompée. Ses proches, dont sa femme, l'ont informé des mauvais présages, mais il n'en a eu cure. Pendant ce temps, une soixantaine de sénateurs, craignant pour l'avenir des institutions républicaines, ont fomenté un complot contre lui. Parmi eux, Cassius, l'ancien chef de flotte de Pompée - l'ennemi de César - déçu du peu d'honneurs que son ralliement à César lui avait rapporté et Junius Brutus, son "fils". A peine installé dans la salle, César a été provoqué par un sénateur, Tullius Cimbre. Celui-ci, rejoint, par d'autres sénateurs, lui a soumis une requête et feignant la colère, a agrippé sa toge et l'a arraché. A ce signal, ce fut l'hallali et Jules César a été frappé d'une vingtaine de coups de poignard par les sénateurs qui l'entouraient.

 

 

 

 

 - Les meurtriers seront-ils jugés ? m'enquis-je.

- Le plus urgent est maintenant de trouver un remplaçant à César. Les intrigues ont commencé en coulisse. Les 300 familles patriciennes se disputent déjà le pouvoir. Selon Cicéron, ce n'est qu'une question de jours pour qu'un bain de sang ait lieu : Octave et Antoine veulent chacun s'emparer du gouvernement. Si vous décidez de rester à Rome, ma maison vous est grande ouverte. Mais prenez garde, les jours qui viennent seront dangereux, ne sortez qu'accompagnés de mes esclaves.

Acceptant son invitation, nous nous installâmes chez lui pour vivre la suite des événements.

(Lien pour en savoir plus sur Gordianus le Limier et son créateur Steven Saylor)

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREVES
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Vendredi 5 mai 2006

Notre jardin secret,

Son entrée n'est pas cachée,

Mais nous seuls pouvons y accéder.

Nous en possédons la clé,

Enfouie dans nos baisers.

Dès la porte passée,

L'air embaume le muguet.

Un ruisseau court à nos pieds;

Des oiseaux volent à nos côtés

et nous chantent une douce mélopée.

Une balancelle sous un cerisier :

Invitation à nous y allonger.

Des pétales de rose parsèment le dossier.

Des chats se lovent à l'ombre des arbres fruitiers.

Des chiens veillent sur notre tranquillité.

Nous sommes restés longtemps éloignés.

Que devient notre jardin secret ?

L'herbe a sans doute poussé,

Les fruits sont arrivés à maturité.

Les animaux ont-ils été bien soignés ?

J'aimerai tant y retourner.

Mais seule, je n'ai pas la clé,

La porte me reste fermée.

Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons entrer.

Viens, approche-toi, viens m'embrasser.

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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Vendredi 5 mai 2006

Te souviendras-tu ? …  

La Sporty , les sacoches pleines à craquer…Les longs rubans d’autoroute, serrée contre mon dos…Les arrêts pour se reposer et s’embrasser… L’embarquement à Zeebrugge pour Hull…La nuit dans notre cabine, l’étude lascive, l’étuve, lessivés…Te souviendras-tu ?... 

L’arrivée, les yeux plein du sommeil qu’on a refusé, la traversée de Newcastle, Sting nous demandant un autographe (à moins que ce ne soit que le caissier blond d’une station service me demandant de signer le paiement en Mastercard ?), la traversée des Cheviot dans la brume, le pique-nique dans les ruines de l’abbaye de Jedburgh, les ruelles sombres des meurtres du passé à Edimbourg, où tu te serreras contre moi, la remontée vers les Highlands…Te souviendras-tu ?... 

Le château d’Urquardt, le Loch Ness, les eaux noires, le monstre tenant la chandelle, les discussions hors sujet sur Nietzsche, allongés dans l’herbe grasse, la douceur de vivre, la tendresse de vivre, le manque de vivres, nos ventres qui gargouillent -encore le monstre ?- ta proposition d’échanger ma moto contre n’importe quoi si ça a 4 roues et un toit, nos rires, toi, si jolie parmi les fleurs…Te souviendras-tu ?...  

 Notre Île de Skye, la lande humide et généreuse, notre Bed and Breakfast, George et Caroline, George qui te regarde trop, mon bras autour de ta taille, les trop fortes doses de whisky, les paysages trop grands, le désert qu’on remplit, les ballades au bord du Loch, pourquoi être venu en moto, pas de place pour la guitare, alors les photos, de toi les pieds dans l’eau, de toi les mains dans mes cheveux, de toi la bouche dans la mienne, l’écriture silencieuse, la location de vélo, je suis, je sue, tu m’éponges, je m’épanche, je t’éperonne, tu t’épanouis, on épilogue… Te souviendras-tu ?... 

La randonnée à Glen Affric, ton sourire effaçant l’éclat du soleil, les perles sur mon front effaçant le crachin, la rencontre des vacanciers italiens, Roberto qui te regarde trop, mon bras autour de ta taille, tes yeux plein de tendresse devant mon italien de cuisine, les rires avec le Q20,  ta fausse adresse email quand on les laisse au tournant d’un chemin, les vues féeriques, le jardin d’Eden, tes cheveux sur ma pomme d’Adam, mon Eve, mon rêve… 

Te souviendras-tu de tous ces souvenirs à venir mon amour ?

Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREVES
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Dimanche 30 avril 2006

J’ai beau être grand et fort

Je peux bien avoir étudié
Connu d’autres âmes et corps
Teintés de rêves préfabriqués
Traversé les malheurs, saoulé aux joies
Pris des coups et creusé mes rides
Chaque fois que tu t’en vas
J’ai peur du vide
 
Je serai balafré de sourires faux
J’écrirai mes mots sur le sable
Je marcherai les yeux clos
Sous le masque d’un homme aimable
Je me nourrirai d'images de toi
J’attendrai qu’enfin le temps se décide
Chaque fois que tu t’en vas
J’ai peur du vide
 
Et puis un matin, une aube heureuse
J’ouvrirai la porte, je verrai tes yeux
Luisant d’amour, tes lèvres délicieuses
On ne sera plus toi et moi, on sera nous deux
Je renaîtrai dans tes bras
L’esprit en feu, le pouls rapide
J’aurai tout, puisque je t’aurai toi
J'oublierai le vide
Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREELS
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Samedi 29 avril 2006

Je suis arrivée en avance à l'aérogare,

Il y avait foule de toute part.

J'ai fouillé l'espace du regard,

Je n'ai vu tes yeux bleus nulle part.
J'ai marché vers le hall d'enregistrement,

J'ai suivi mécaniquement le mouvement.

Je me suis installée en bout de file,

J'ai piétiné de plus en plus fébrile.

J'ai cru reconnaître tes cheveux noirs,

J'étais alors juste devant le comptoir.

J'ai présenté rapidement mes documents,

J'ai balancé mes bagages sur le tapis roulant.

Je me suis retournée pour survoler la salle,

Je n'ai vu personne de ta taille.

Je suis sortie fumer une clope,

J'ai observé les voitures au stop,

Je n'ai pas vu de break blanc.

J'ai été m'asseoir sur un blanc,

J'ai allumé mon portable,

La ligne était instable,

Je n'avais ni appel, ni SMS.

L'heure tournait à toute vitesse,

Il était temps d'y aller.

J'ai traîné les pieds,

Il a presque fallu me pousser.

J'ai montré mes papiers d'identité,

Je suis entrée dans la salle d'embarquement.

 

 

Je t'ai cherché désespérément...

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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