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Présentation

Dimanche 18 juin 2006

Je cours,

Je ne me retourne plus

Je reste sourd

Je ne vous entends plus

 

Je fuis

Ce monde sournois

Je dénie

A chacun quelque droit sur moi

 

Je crie

Mon refus de ce modèle imposé

Je vomis

Ce mode de pensée

 

Je conteste

Toutes notions de Bien et de Mal

Je manifeste

Contre toute Morale

 

Je refuse

Ce qu’on veut m’imposer

Je récuse

Ceux qui oseraient s’interposer

 

Je fréquente

Le seul qui parvient à me séduire

Je tente

La seule vie qui m’attire

 

J’agis

Mal, selon vous

Je vis

Bien, selon mes goûts.

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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Jeudi 15 juin 2006

C’étaient les derniers beaux jours d’été.

Ce train étrange s’est arrêté à notre station.

Sur le quai, nous nous tenions éloignés,

Loin l’un de l’autre, loin des wagons.

Des ombres passaient à nos côtés,

Indifférents à nous, indifférents à tout.

Des visages fatigués et désabusés.

Avions-nous, nous aussi, cet air fou ?

Un compartiment vide était enluminé.

Tournant la tête, j’ai croisé ton regard.

Il semblait lui aussi émerveillé.

J’y ai lu mes rêves, mes espoirs.

Puis ton sourire a redonné vie à tout ce noir.

Et sans réfléchir, je sais, c’était insensé !

Mais il n’était peut-être pas trop tard.

D’un même élan, nous nous sommes élancés :

Quitter cette petite ville bien ordonnée.

Connaître d’autres régions, d’autres contrées.

Tout redécouvrir, tout recommencer.

Et jamais plus cette peur de l’obscurité !

Ta main tenant la mienne fermement,

Nous sommes montés dans le train.

Les autres passagers étaient accueillants.

On les devinait épanouis et sereins.

On nous a laissé nous isoler,

Sans jamais nous poser de questions,

Nous importuner ou nous déranger.

Nous étions tous là pour la même raison.

Nous en avons parcouru du chemin.

Sans jamais connaître à l’avance le parcours

Vécu des accélérations et de violents coups de frein,

Mais sans avoir de notre amour fait le tour.

Etendus sur la banquette,

Nous nous en sommes posés des questions,

Toujours dans la même quête,

D’une vie en accord avec nos aspirations.

Nous croisons rarement le conducteur.

Nous ne lui demandons aucune indication.

Lui aussi cherche le chemin du bonheur.

Mais le fait-il avec autant d’application ?

Nous trouverons, seuls s’il le faut, le sanctuaire.

Nous serons alors arrivés au bout de notre voyage

Mais pour que cela se puisse faire

Il nous faudra encore bien du courage.

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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Mardi 13 juin 2006
Ne crois pas que parce que je m’enivre de tes sourires,
Tes tristesses me dégrisent, me dégradent à mourir.
Chaque vent chaud ou froid resserre mon cuir,
Chaque larme versée lave et racle mes soupirs.
Car ton ombre brille sur moi comme une auréole, 
Car tes silences m’assagissent plus que toute parole, 
Car tes retraits déracinent ma souche de solitude,
Car tes secrets cimentent mes seules certitudes.
 
Je t’aime, mon horizon, je me dirige aux étoiles.
Je t’aborderai, ma rive, même affamé, sans escales.
Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREELS
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Samedi 10 juin 2006

Le sang s’égoutte doucement dans ma gorge. Mon nez crépite et ma nuque semble coulée dans le béton. Mes mains sont engourdies par les entraves à mes poignets. Je prends le cachet avec reconnaissance,  espérant qu’il scellera rapidement mes douleurs dans le sommeil. J’ai encore gagné. Nous avons encore gagné …

Ce matin, je l’ai attendue comme d’habitude assis sur la balustrade rouillée du perron, attentif au moindre regard et mouvement des Autres. Je ne peux avoir confiance, car ils ne me voient pas. Et s'ils me voient, ils cherchent à me faire du mal. Parfois plus mal que les Gardiens.

Puis elle est apparue, je l’ai regardée venir à moi par la galerie vitrée, de sa démarche désinvolte et régulière comme une danse, le buste droit et les hanches ondulantes. Elle m’a souri, elle s’est approchée, les yeux bleus caressants. Elle a fait une moue inquiète en voyant mes blessures de la veille, a collé ses petits seins fermes contre ma poitrine, déposé un baiser doux comme un nuage dans mon cou et m’a parlé tout bas à l’oreille.

Nous sommes descendus discrètement sous l’escalier pour nous embrasser. Quand on cessait de s’embrasser, on riait et on se serrait fort, ivres de cette intimité tant espérée. Un Autre surgit en riant lui aussi, je le chassais gentiment. Il était inoffensif.

Nous avons rejoint la grande salle du haut, je me suis placé juste derrière elle, pour pouvoir la toucher. Elle a peint pendant que je redessinais son dos du regard et du bout des doigts. Elle peint des personnages aux grands corps, au grand cœur, au couleurs vives, un jardin tropical dans cet univers vert uni.

Au déjeuner, nous avons été séparés, comme d'habitude. Parfois, nous réussissons à nous rapprocher. Parfois même, nous nous sommes enfuis, enfouis dans un lit, nous avons fait l’amour. Les yeux dans les yeux, les yeux dans les cheveux, la langue aux lèvres. Puis nous sommes redescendus des dortoirs, les jambes en coton, les yeux ouatés, le soleil sur le visage.

Après le repas, nous avons rejoint les Autres qui déambulaient déjà dans le parc. Les auriculaires croisés, nous avons dévalé le sentier, pris à droite sous les arbres. Nous avons passé l'après-midi là, tapis sous un chêne, prenant garde à ne pas rire trop fort pour ne pas attirer les Gardiens, pour ne pas heurter les Autres. Elle s'est lovée contre ma poitrine. Nos lèvres se sont tutoyées, elles se connaissent si bien, elles ont gardé les frissons ensemble. Comme on était bien caché, ils ont mis du temps à nous retrouver. Tant mieux, toujours quelques baisers, quelques sourires, quelques bonheurs de pris, ça n'a pas de prix. En tout cas, ça vaut bien un premier coup de matraque sur la nuque, il y en aura d'autres avant ce soir.

Puis les servitudes journalières, le diner avec les Autres, la comédie que nous jouons pour leur ressembler, sous la surveillance des Gardiens. Nous avons réussi à échanger quelques regards, quelques mots, quelques baisers volés.

Enfin le soir est venu. Nous avons endossé nos camisoles et nos rôles respectifs, elle prostrée et promenant un regard sans vie sur le monde qui l'entoure, se laissant entrainer vers son dortoir comme morte, moi jouant des poings, cognant, mordant, crachant, jusqu'à ce que je tombe sous les coups de matraque et de pieds...

Et maintenant que je me sens plonger dans un sommeil chimique, les paupières de plomb, le goût du sang dans ma gorge, je souris. J'ai gagné, nous avons gagné. Nous avons gagné le droit de rester un jour de plus dans cette maison de fous, un jour de plus de cette liberté en cage, de cet amour capitonné, dans cet asile où n'avons pas notre place, mais qui nous appartient.

Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREELS
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Jeudi 8 juin 2006

Je ne t’ai rien demandé, tu m’as tout donné.

Je t’ai pris ta liberté, mais ce n’était pas assez.

Je t’ai isolé, je t’ai voulu tout à moi.

Alors, tu as éloigné tout ce qui n’était pas moi,

Tu as changé tout ce que je n’aimais pas.

Rien ne semblait jamais me rassurer, toutefois.

Tu n’attendais en retour qu’un sourire

Et je ne parvenais pas à te faire ce plaisir.

Tu as fait plus que je ne te demandais.

Et c’est toi qui as commencé à tanguer.  

J’ai baigné notre histoire de tant d’incertitudes.

Que dans tes yeux luisait de l’inquiétude.

Tu savais qu’il ne fallait rien me demander.

Oui, je te donnais ce que je pouvais.

Mais tu t’es laissé assaillir par les doutes.

Tu as commencé à t’égarer sur notre route,

Oh ! Comme je m’en suis voulue,

Comme j’ai souffert de te voir ainsi abattu.

Je t’envoyais en enfer bien malgré moi,

Mais comment faire face à ce désarroi ?

Quand j’allais mieux, je sentais ta souffrance

Etait-elle encore loin la délivrance ?

Aujourd’hui encore, je ne te promets rien.

Je ne sais pas quel sera notre destin.

Je ne te fais ni promesses, ni serments,

Sauf peut-être celui de profiter davantage de l’instant,

De prendre conscience de la chance que nous avons,

De nous aimer, de connaître une telle passion

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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Vendredi 2 juin 2006

Si je devais refaire l’itinéraire à l’envers,

Jusqu’à ce jour d’octobre, jusqu’à ce lundi matin,

Choisirais-je de rester dans le droit chemin ?

Ou de sauter, à nouveau, par-dessus la barrière ?

 

Si je décide, dès lors, de continuer tout droit, nous restons amis,

Persistant à nous cacher notre émoi, notre attirance :

Les sourires, la complicité, la connivence.
Sans états d’âme, nous poursuivons chacun notre route, notre vie.
 

Bien sûr, sur cette avenue déserte qui dévore nos journées,

Derrière les haies fleuries, la solitude rode, alléchée.

Découragés, nous ne songeons même plus à lutter.

Prisonniers des convenances, abattus, enchaînés.

Si je franchis le rail, je te révèle à nouveau mes sentiments.

Nous reprenons la même route que ces 8 derniers mois.

Ce sentier escarpé où j’ai trébuché plus d’une fois,

Ta main me rattrapant à chacun de mes glissements.

 

Saurions-nous, cette fois-ci, éviter le revers de la médaille ?

Taire les doutes qui me déboussolent,

Apaiser la sensation de manque qui me rend folle,

Calmer les angoisses qui me tenaillent..

 

Si je devais revenir en arrière,

Jusqu’à ce lundi d’octobre, jusqu’à ce matin-là,

Je prendrais à nouveau la même direction, je crois.

Je ne déciderais pas de me taire.

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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Mardi 30 mai 2006

...

"Ne me secouez pas, je suis plein de larmes"

Henri Calet

Par Borgia & Machiavel - Publié dans : Les détours
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Mardi 30 mai 2006
Parle-moi encore
Dis-moi ces mots qui rendent fort
Qui font espérer
Et respirer

 

Les mots futiles
Ceux qui m’embrassent quand tu n’es pas là
Les mots utiles                                                    
Ceux qui me parlent de toi tout bas
Ces mots qui  filent, tissent une toile d’araignée
Un piège qui ne semble pas vrai
Pour ceux qui n’ont jamais aimé
Pour ceux qui n’ont jamais aimé

 

Pénètre mon cœur
Des termes qui tiédissent la peur
Qui vont m’apaiser
M’encourager

 

Les mots futiles
Ceux qui m’embrassent quand tu n’es pas là
Les mots utiles
Ceux qui me parlent de toi tout bas
Ces mots qui n’ont pas vraiment d’importance
Qui ne sont plus chargés de sens
Mais qui me sauvent de la démence
Mais qui me sauvent de la démence

 

Ces épithètes
Dressent mes épis, me tournent la tête
Ils me font désirer
Pour exister

 

Les mots futiles
Ceux qui m’embrassent quand tu n’es pas là
Les mots utiles
Ceux qui me parlent de toi tout bas
Ces mots qui valent bien mieux qu’un long discours
Qui évitent les dialogues de sourds
Qui courent, qui courent comme notre amour
Qui courent, qui courent comme notre amour
Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREELS
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Samedi 27 mai 2006

Elle m’a ensorcelé

Elle a mon sort scellé

 Asocial, apatride

Insolent, sur l’écran vide

Je vis et je l’attends

Patiemment

Passionnément

Personnage rêvant d’être acteur

Je dis mes mots, je me fous des leurs

J’ai déchiré la toile

Le bien et le mal

Le faux et le vrai

Un coup de balai

Elle m’emporte vers les étoiles

Elle m’a ensorcelé

Elle a mon sort scellé

Et sans sourciller

Charmé, désarmé

Possédé désormais

Le tour est joué

Par Machiavel - Publié dans : Les itinéREELS
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Jeudi 25 mai 2006

Sait-il tout ce qu’il représente pour moi ?

Sait-elle ma peur qu’elle doute de mes sentiments parfois ?

Sait-il que c’est pour lui seul que mon cœur palpite ?

Sait-elle que mon âme se déchire quand elle me quitte ?

Sait-il que chacune de mes pensées est tournée vers lui ?

Sait-elle que son image enflamme mes rêves chaque nuit ?

Sait-il le chagrin qui me submerge quand il doute ?

Sait-elle que ses secrets et ses silences me déroutent ?

Sait-elle ma peine quand elle me parle d’un autre ?

Sait-il que je ne vois que lui et personne d’autre ?

Sait-elle que je suis prêt à tout pour la serrer dans mes bras ?

Sait-il que je veux être pour lui porteur de joie ?

Sait-elle qu’elle est la seule, que je n’ai jamais aimée ainsi ?

Sait-il que j’ai oublié tout ce qui existait en dehors de lui ?

Sait-il mon éblouissement quand je le vois m’aimer avec tant de passion ?

Sait-elle que je l’aime au-delà de tout, au-delà de la raison ?

Sait-il que je n’attendais personne et que c’est lui que j’ai choisi ?

Sait-elle que je n’osais l’espérer, elle qui a chassé mon ennui ?

Par Borgia - Publié dans : Les itinéREELS
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